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Un peu d’érotisme littéraire pour accompagner vos massages nus ?

 

 

 

 

Dans un précédent papier, on vous narrait les exploits érotiques de Jean De Lafontaine ou les échanges sulfureux supposés de George Sand et d ‘Alfred De Musset. Le fait est que la littérature érotique française est d’une richesse extrême, malheureusement bien trop peu transmise. Il y aurait pourtant tant de choses à évoquer, à comprendre, à ressentir à la lecture de ces grands noms de la littérature se laissant aller à la poésie érotique.

 

 

 

 

Et si on lisait un peu de Rimbaud

Puisque nous avions évoqué le génial Arthur Rimbaud lors de notre dernière sortie littéraire sur ces pages, pourquoi ne pas le lire ensemble. On ne peut résister au récit d’une première rencontre, d’une première soirée passée entre amants :

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

– Je regardai, couleur de cire
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, – mouche ou rosier.

– Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : « Veux-tu en finir ! »
– La première audace permise,
Le rire feignait de punir !

– Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
– Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : « Oh ! c’est encor mieux !

Monsieur, j’ai deux mots à te dire… »
– Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien…

– Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Notez que la signification du mot mièvre a considérablement évolué depuis l’écriture de ce texte. Autrefois, mièvre avait un sens bien plus dynamique, espiègle, malicieux, et pas du tout guimauve et gnangnan… Avouez que ça change quelques perspectives…

 

Vous préférez Ronsard ?

On connaît l’amour inaltérable et platonique de Pierre de Ronsard pour la jeune et belle Cassandre Salviati, rencontrée en 1545. Enfin, quand on dit platonique… Si tout le monde a appris l’ode à Cassandre au collège, nous doutons que ce simple ‘Pour Cassandre’, soit enseigné aussi régulièrement. Ou alors dans un salon de massage naturiste ?

Quand au temple nous serons

Agenouillez, nous ferons

Les dévots selon la guise

De ceux qui, pour louer Dieu,

Humbles se courbent au lieu

Le plus secret de l'Eglise.

Mais quand au lict nous serons

Entrelassez, nous ferons

Les lassifs selon les guises

Des amans qui librement

Pratiquent folastrement

Dans les draps cent mignardises.

Pourquoy donque, quand je veux

Ou mordre tes beaux cheveux,

Ou baiser ta bouche aimée,

Ou toucher à ton beau sein,

Contrefais-tu la nonnain

Dedans un cloistre enfermées?

Pour qui gardes-tu tes yeux

Et ton sein délicieux,

Ton front, ta lèvre jumelle?

En veux-tu baiser Pluton

Là-bas, après que Charron

T'aura mise en sa nacelle?

Après ton dernier trespas,

Gresle, tu n'auras là-bas

Qu'une bouchette blesmie:

Et quand mort je te verrois,

Aux ombres je n'avouerois

Que jadis tu fus m'amie.

Ton test n'aura plus de peau,

Ny ton visage si beau

N'aura veines ny artères:

Tu n'auras plus que les dents,

Telles qu'on les voit dedans

Les testes des cimeteres.

Donque, tandis que tu vis,

Change, maistresse, d'avis,

Et ne m'épargne ta bouche:

Incontinent tu mourras,

Lors tu te repentiras

De m'avoir esté farouche.

Ah! Je meurs! Ah! Baise-moy!

Ah! Maistresse, approche-toy!

Tu fuis comme un fan qui tremble:

Au moins souffre que ma main

S'esbate un peu dans ton sein,

Ou plus bas, si bon te semble.